Asphalte et vodka

Asphalte et vodka

Michel Vézina

Language: French

Pages: 43

ISBN: 2:00351386

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Asphalte et vodka, c’est l’histoire de Jean et de Carl, deux jazzmen. C’est aussi la route, la musique, l’amour, la drogue, l’alcool… et une robe rose saumon, celle de Jayne Mansfield…

Nos voisins du sud diraient sans doute qu’il s’agit d’un road novel. D’autres parleront probablement d’un «roman du pays», au sens le plus vaste, le plus noble du terme. Une chose demeure, ce roman constitue, jusque dans ses excès, à la fois un remarquable éloge de l’incontournable territorialité qui habite chacun de nous et une somptueuse fête du langage signée Michel Vézina.

Jean et Carl se rencontrent sur le Queen of the Caribeans. Les deux sont trompettistes, les deux sont québécois. Le premier a 35 ans et tous les ans il se refait sur une croisière. Le second a 75 ans et il achève sa carrière, atteint de tout un tas de maladies respiratoires.

La nuit du dernier bal, Carl évoque le désir, avant de mourir, de revoir son village gaspésien natal, quitté 60 ans plus tôt. Jean, un peu saoul et naturellement exubérant, lui propose de l’y emmener. Carl accepte, en échange de quoi il promet de donner son vieux station à Jean une fois arrivé à destination.

Une véritable épopée débute pour les deux musiciens. Après un court arrêt en Louisiane, où Carl fait visiter sa roulotte à Jean dans l’arrière-cour d’un manoir ayant servi de haut lieu de revues vodou, ils prennent enfin la route vers le nord, vers le paradis, vers St. Louis d’Gaspe peninsula. La première nuit, ils s’arrêtent dans un parking de bar de campagne. Ils y rencontrent un sosie d’Elvis qui les saoule pour mieux leur voler tout leur argent et toute leur dope. Le reste du voyage se fera dans la douleur et la recherche d’argent pour manger, dormir et subvenir aux besoins en opiacés du vieux Carl…

De New York à Matapedia en passant par Montréal, Trois-Pistoles et Rimouski, les deux trompettistes se raconteront les rêves qui les gardent en vie. Amour, route, drogue et rock’n roll…

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Pendant qu’il se concentrait sur sa préparation, une veine s’était mise à palpiter sur la tempe de Trent. Jean était obnubilé bons spots où quêter assez longtemps avant que les flics ou la racaille viennent les chasser. Le soir, ils rentraient à Brooklyn. Ils achetaient un peu à manger avec ce qu’ils avaient gagné en jouant dans la rue ou dans les parcs. Ils partageaient ensuite avec Trent qui, lui, fournissait l’alcool et la dope. Carl se shootait au moins deux fois par soir, et Jean fumait

lendemain de party peut-être un peu plus dur que les autres, à peine réveillé, une peur envahit soudain Jean. Il eut l’impression qu’on l’avait frappé dans le ventre pendant son sommeil. Il avait peur, vraiment, que Carl ne vive plus assez longtemps pour revoir St. Louis d’Gaspe Peninsula. Il y avait un nœud dans son sternum et tout d’un coup, snap! réveillé sec comme d’un cauchemar, il s’assit derrière le volant, démarra le Station et sortit de New York rien que sur une gosse. Sur le Highway

d’avaler, Carl frappa Jean sur le front de la paume de sa main. Juste assez fort. Jean eut l’impression que ses yeux allaient sortir de leurs orbites. — Yes ! Des tequila fizz pas d’verre ! Ils en avalèrent trois chacun de cette manière-là puis reprirent la route. Carl attrapa une bouteille de vodka. — To home ! Il en but une longue gorgée puis passa la bouteille à Jean. Jean mit la bouteille de vodka entre ses cuisses et continua de fixer la route. — R’garde comme c’est noir autour. Ça va

vieux Whitman (sur la recommandation de VLB), le jour où Jean avait quitté le nid familial, sa trompette sous le bras et son sac sur le dos. Ça avait longtemps été son livre de référence, sa bible, son journal. Depuis ces années, il nourrissait le vieux rêve d’en faire une version dub. Ils étaient maintenant coincés là et l’idée lui revenait, lui tournait en tête, l’obsédait encore. Jean regardait Charles et il avait l’impression que son ami, en s’approchant de la mort, se mettait à ressembler au

trois coups très brefs et assez secs à la porte. Elle était accompagnée d’une demi-douzaine de grands Noirs à la bouche entrouverte qui roulaient des yeux de fous. Elle s’approcha de Carl en souriant de toutes ses dents. Elle passa sa main gauche derrière la nuque du trompettiste et elle le regarda droit dans les yeux. Elle était si proche qu’il en louchait un peu. Elle l’embrassa sans tendresse mais animée d’une fougue animale. — Viens, mon titange, viens ! Folies finies. Toa pis moa avec tes

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