La vie passe comme une etoile filante--faites un voeu: Recits, fragments, eclats (French Edition)

La vie passe comme une etoile filante--faites un voeu: Recits, fragments, eclats (French Edition)

Diane Monique Daviau

Language: French

Pages: 179

ISBN: 2921197308

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Le Sourire de Little Beaver

Faux et filatures

Hurler

Mirror Lake

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour entendre. Parce que je me demandais... — Il ventait beaucoup hier, hein ? Il y avait des cochonneries partout sur les trottoirs. Ici, les gens jettent n’importe quoi par terre. Nous autres, les Italiens, on aime ça quand c’est propre... J’ai fait de la lasagne ce matin. La recette de ma mère. Je vais aller en porter chez mon oncle, tout à l’heure. Ça va le mettre de bonne humeur. Il vit seul, il mange mal. C’était l’ennemi de mon père, il lui en voulait parce que mon père était communiste.

referme la portière et traverse la rue, un chien inconnu. La maison, par contre, avec ses escaliers à pic et sa peinture défraîchie, lui est tellement familière qu’à partir d’ici, il pourrait faire tout le chemin les yeux fermés. Quatre marches, le balcon dont il a un jour léché tout le fer forgé dans l’espoir du baiser d’une petite voisine qui lui avait lancé ce défi, la porte avec sa poignée trop haut placée, placée exprès si haut qu’aucun enfant ne peut l’atteindre et qu’il doit demander la

une petite télé scintille et lance des reflets bleutés à travers la pièce. Le volume est au minimum. Elle n’écoute jamais vraiment la télé. Elle l’allume pour la présence, tout simplement. Elle est vieille, maintenant. Vieille et sèche, plissée comme un fruit qu’on pourrait bien jeter. Elle le dit elle-même, elle n’a pas peur des mots, les mots ne font pas mal comme l’amour. — Rider ne fait pas mal, dit-elle. Chaque fois qu’il vient la voir, il la trouve plus vieillie, plus ratatinée que la

n’avez plus à craindre quoi que ce soit, maman. Je voulais vous le dire en arrivant... Il fouille dans la poche intérieure de son veston, déplie une page de journal et la dépose sur la table. — Vous n’avez plus à vous inquiéter. Elle prend la feuille dans ses mains. Pâlit aussitôt. Son doigt suit la colonne, y trouve le nom du père de ses enfants, le nom de l’homme qu’elle a eu l’imprudence d’aimer cinquante ans plus tôt. D’un petit coup sec avec son doigt, il fait tourner la roulette vers la

d’elle, comme une aura, le vide rayonne et qu’elle pourrait, subitement, basculer dedans. Je ne pourrais pas fixer le vide pendant deux heures et en éprouver du plaisir. J’ai besoin que ça bouge, là, devant. J’ai besoin de la femme, devant. Il me faut la femme pour ressentir le frisson. Je suis un peu comme un passionné de la pêche que le poisson laisserait plutôt indifférent, qui n’irait à la pêche que pour s’adonner à la contemplation et qui aurait besoin du petit bouchon, là, qui flotte sur

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