Le Jour des corneilles

Le Jour des corneilles

Jean-François Beauchemin

Language: French

Pages: 82

ISBN: 2922868591

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Au cœur de la forêt, à l’écart du reste des hommes, un père et son jeune fils mènent une existence sauvage, dure et désolée, semblable à celles des bêtes qu’ils côtoient.

Un jour, l’inévitable collision entre cette réalité et celle du monde civilisé se produit, et le fragile édifice mental construit par eux se lézarde, puis s’écroule.

La Femme fragment

Leaving Home, Of the Fields, Lately, and Salt-Water Moon: Three Mercer Plays

Un peu de fatigue

A Boy of Good Breeding

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

écrivains francophones d’Amérique Quand les pierres se mirent à rêver, poésie, Le Noroît, 2007. La Fabrication de l’aube, récit, Québec Amérique, coll. Littérature d’Amérique, 2007. • Prix des libraires du Québec 2007 Voici nos pas sur la terre, poésie, Le Noroît, 2006. Le Jour des corneilles, roman, Les Allusifs, 2004. • Prix France-Québec/Jean Hamelin 2005 • Prix du livre francophone de l’année 2005, Issy-les-Moulineaux, France • Finaliste Prix des Cinq continents 2005 Turkana Boy,

soupiasse, sinon cependant que tu abordes le roupil ou que tu circules insoucieux sur la sente. » À ce discours, père me lorgnait curieusement. � Forbanterie ! s’exclama-t-il une fois. Ces affligeants-là n’ont-ils aucunement le sens du savoir-arriver ? Ainsi devrais-je augurer de leur visite mêmement que je ne la souhaite point ? Qu’est-ce donc que pareils gueux ? Des marchands de savonnettes ? » Et le voilà tout orageux, allant et venant ci-devant le grand hêtre, aplatissant aralies et

vérité, à part quelques broutils, pas une seule fois en ces jours-là ne fus-je astreint à avaler la soupiasse aux fourmis, ou ne reçus-je le pied de père sur le train, ou, de même manière, ne subis-je de lui quelque grand punissement que ce soit. Les jours à la cabane prenaient une couleur guillerette. Je respirais. J’allais, étourdi et superficiel. Mais c’était là montrer un optimisme insoutenable et avouer une fois encore le peu de perspicacité séjournant en ma personne. Le jour vint en effet

le bois du grand hêtre ? Y avait-il en ce mortel-là quelque appétit de beauté ? Ou père ne frémissait-il qu’à l’enfui de l’été, lorsque s’abattaient sur la cabane neiges et frisquetteries ? Que contenait donc son cœur, à lui ? Certes, mère y séjournait toujours. Mais mère était morte depuis longues époques. N’y avait-il rien de vif en ce cœur-là que l’image d’un trépassé ? Cependant père allait et venait et ne percevait rien des mélodies du mort. Pourtant, le ménestrel usait abondamment de son

loisir mes plongements. Père, cependant, besognait mollement, ou se cuitait à l’eau-de-genièvre, ou posait le regard sur la vitre, se tracassant de l’état du grain ou attendant le rebours des jours chauds sur la forêt. J’avais peu de rôle en son occupation. Aussi n’eus-je pas à user auprès de lui de carottes, de menteries et de scénarios. Il m’est ardu de traduire l’apaisement que m’apportaient ces plongements. Sans doute construisais-je par eux quelque pont prodigieux et secret permettant notre

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