Le roman vrai: Recit autobiographique (Mains libres) (French Edition)

Le roman vrai: Recit autobiographique (Mains libres) (French Edition)

Marcelle Brisson

Language: French

Pages: 359

ISBN: 2764400721

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Ma mère ne m'attirait pas à elle, ne m'embrassait pas, ne me retenait pas a la maison. J'avais le mal d'elle. Alors, tout naturellement, je marchais les yeux, les bras tendus vers l'inconnu.

Ainsi commence une quête d'amour et d'absolu chez l'enfant douée qui deviendra philosophe dans le Québec des années soixante. Mais Jésus (la Voie, la Vérité, la Vie) la mènera au cloître où elle s'enfermera pendant une dizaine d'années. Extase et grâces mystiques illumineront une passion exemplaire. Puis, ce seront la crise, la dépression et le retour à la vie laïque. Le temps de l'engagement pour les femmes, l'enseignement de la philosophie du Collège Ahuntsic. Enfin, le coup de foudre pour un grand professeur et théoricien de l'esthétique : Mikel Dufresne.

Est-ce ainsi que l'on devient écrivain ? Marcelle Brisson, qui a étudié avec Hubert Aquin et d'autres personnalités connues, raconte Le Roman vrai de sa vie, éclairant du mëme coup tout un pan de la vie sociale et intellectuelle du Québec.

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plaisantant. Ce que je retiendrai avant tout avec les élèves, c’est la caractéristique de l’ode chez Boileau que nous venions d’étudier. Ma mère rentrait pour le souper. Il me fallait donc aussi, après l’école, prendre soin de mes frères qui ne m’écoutaient nullement, toujours pressés de jouer avec leurs copains. Je veillais à l’essentiel : qu’ils ne traversent pas comme des chiens fous l’avenue Christophe-Colomb, si large avec ses deux voies de tramways. Parfois, je devais, l’hiver, rallumer la

comme l’avait jugé le père Chamson, que je le tourne vers la vie pratique de chaque jour. Ma propre survie ne m’y obligeait-elle pas? J’avais peu de moyens, mais aussi peu de désirs pour ces innombrables objets qui s’offraient à moi. J’avais vécu dans une société traditionnelle, dans une famille modeste, dans un monastère pauvre, et je me retrouvais soudainement dans une société de consommation! Je n’étais pas prête à me définir comme acheteuse, moi qui ne désirais être que moi-même ! Ça ne me

un café dans un bar. Je lui racontai la mort de Christian. Il m’invita à le revoir. J’acceptai. Il était encore amoureux, disons plutôt désireux de notre relation. Eh bien ! j’acceptai de faire l’amour avec lui. J’y étais portée par une sorte de nécessité, comme si je voulais reprendre l’expérience ratée de ma maternité. Je fus consciente de ce besoin de répétition et y résistai. Je décidai de prendre la pilule anovulante. Pas facile de trouver, en 1965, un médecin pour me l’ordonner. On me

de valeur. On pouvait aménager comme on voulait, du moment qu’on ne lui demandait pas de payer les frais. Il avait une certaine complicité avec les marginaux. Il logeait sa femme et ses cinq enfants dans une vieille maison à la périphérie nord-est de la ville. Il en partait tôt le matin et n’y rentrait que le soir tard. Son bureau, c’était la taverne Duluth, à l’angle de Duluth et Saint-Hubert. C’est là que je devais le rejoindre, sans y entrer – les femmes n’y étaient pas encore admises, si un

l’offrande. Elle s’en était ouverte à Odette Gilles, notre correspondante de Caen. Après avoir fait mon éloge, elle ajouta : �Mais elle a trop confiance en elle, elle ne voit pas la dureté du monde, la méchanceté des hommes. � Ainsi interprétait-elle mes expériences �risquées» qui ne s’inscrivaient pas dans notre réalité quotidienne. Elle ne réalisait pas que je l’imitais dans sa passion du jeu : seul le risque pouvait bouleverser mon quotidien et me transformer. C’est lui aussi qui me transporta

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