L'extrême frontière: Poèmes 1972-1988

L'extrême frontière: Poèmes 1972-1988

Gérald Leblanc

Language: French

Pages: 62

ISBN: 2:00348512

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


« L’extrême frontière », publié initialement en 1988, regroupe des textes de plusieurs époques, répartis en sept sections. Les textes les plus anciens datent de 1972, bien avant la publication du premier recueil de Gérald Leblanc, en 1981.

Ce recueil est marqué par un travail poétique en mouvement, chacune des sections marquant un approfondissement de la matière première, la langue et ses rythmiques. Le recueil contient les textes des chansons bien connues que Leblanc a écrites au cours des années 1980 pour le groupe 1755.

En parallèle au travail sur la matière poétique, « L’extrême frontière » rassemble les bribes de ce qui pourrait constituer une autobiographie ou un roman de formation. S’établit ici un rapprochement avec « Moncton mantra », seul roman du poète, qui raconte sa difficile venue à l’écriture dans le bouillonnement culturel du Moncton des années 1970 et 1980.

La poésie, ici, se manifeste comme pratique vitale et politique.

The Curse of the Viking Grave

Rush Home Road

Au bout de l'exil, Tome 2: Les méandres du destin

Le Maître de Chichen Itza

Le Prix de la vérité (La Fille du Pasteur Cullen, Tome 3)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

de la nuit bouge et rebondit sur nos pas la ville est un espace mouvant alors nous changeons d’habitudes de disques de lieux d’intensité 7. l’apprentissage d’un code sensible nos essais se répercutent à travers notre système nerveux toujours nos corps et ce qui change 8. tout commence à bouger autrement ce glissement dans l’appétit s’allume l’absence résonne sur tous les murs et l’errance ouvre la porte comme on ouvre les bras devant l’infini L’expérience du Pacifique (1986-1987) à

identité, nous nous sentons pris d’un vertige qui nous fige sur place. La célèbre phrase de Ronald Després me revient soudain à l’esprit : � A quoi bon? Où irions-nous? Notre empire est incertain comme l’eau. » Incertain, mais aussi craintif d’affirmer comme sur l’eau notre royaume où il n’y a plus de frontières, et ainsi de balayer du revers de la main le vieux rêve d’Européen propriétaire et arpenteur de l’Univers. Notre conscience amérindienne n’a jamais été à l’aise dans cette chimère et nous

savons que tôt ou tard il faudra en arriver à nous mettre en accord avec une notion plus étendue et plus équilibrée du territoire. Dans les textes de Gérald Leblanc, je reconnais cette conscience aiguë de l’errance amérindienne, une errance qui est peut-être notre seule dimension possible, mais l’Acadie nous appelle comme une mère qui pleure, et cet appel est déchirant à plus d’un point de vue. Pour nous, après avoir dénoncé le rôle du père, il restera toujours le rôle problématique de la mère,

d’ermitage aux lèvres la ville s’ouvre aux cœurs fermés entre ces rues où tu promènes ta vie les feuilles remuent à peine 2. l’automne se glisse sous les ongles te frôle le cou en fin de journée comment te dire le mouvement des nuages ces vents de partout dans mon corps ce léger déclic dans mes jambes j’avance vers toi dans la plénitude du geste 3. coquille trappe sur le quai boueille au large galet serti dans le sable j’envahis cette solitude du regard solitude habitée 1973

trouvé un bootlegger pour parler avec du monde Dixie Lee s’installe sur le boulevard Irving et les touristes occupent le Fond de la Baie un speedboat enterre le cri des goélands près de la dune qui ne nous appartient plus avec la musique de CKCW la police a chassé la Mi-Carême et je me suis perdu dans un poème sans métaphore 1974 je s’épare dans les craques des trottoirs de Moncton ou sous un pilot de feuilles l’école applaudit ceux qui nous fourrent la paranoïa trotte dans les

Download sample

Download