NostalgieS (Autoportrait VI)

NostalgieS (Autoportrait VI)

Herménégilde Chiasson

Language: French

Pages: 36

ISBN: 2:00345384

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Un jour, une enfant m’a demandé si c’était vrai qu’en mourant on touche le bleu du ciel, et c’est resté pour moi la plus belle définition de la mort que l’on m’ait jamais proposée. La nostalgie s’inscrit dans ce registre-là, puisqu’elle établit toujours un flirt avec la mort.

NostalgieS est le sixième d’une série de douze ouvrages intitulée Autoportrait, publiés au rythme d’un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l’auteur.

De ce projet inusité, l’auteur dit «[…] l’armature du texte était de prendre mon nom, qui a douze lettres, de le décomposer sur douze mois. Douze, c’est un chiffre mystique aussi […].»

Gaby Bernier, Tome 1

Whirl Away

Désâmé

Moscou Cosmos

A Recipe for Bees

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un public non averti. Ce qui me reste du générique d’ouverture est tout entier contenu dans la musique de piano de Jack Shandlin, dont le nom, quant à moi, n’est associé qu’à cette seule composition. Il se dégageait de ces notes aiguës une mélancolie qui rythmait mes semaines et me permettait d’établir une sorte de bilan, conscient que j’étais de passer du dimanche au lundi et à une nouvelle tranche de vie débutant dans la nuit avec l’injection d’images et de conversations venues d’ailleurs et

maison en bois qu’on apercevait de la courbe d’un chemin sortant de la forêt. L’herbe qui poussait tout autour se transformait en foin à la fin de l’été. Un silence de mort envahissait le bleu profond des rêves où perçait la lumière lointaine des étoiles. L’été et le cauchemar rauque des orages auguraient la colère d’un Dieu vengeur envers son peuple insoumis. Paul Brunelle chante : Au pied du quai, je vois la mer qui danse / Au loin là-bas je vois le grand bateau. Mon père qui revient de la

Trois-Rivières, Écrits des Forges / Chaillé-sous-les-Ormeaux (France), Le dé bleu, 2003. L’oiseau tatoué, Montréal, La courte échelle, 2003. Émergences (réédition de Mourir à Scoudouc et Rapport sur l’état de mes illusions), Ottawa, Éditions L’Interligne, � BCF », 2003 [1974] [1976]. Légendes, Québec, Éditions J’ai vu, 2000. Actions, Montréal, Éditions Trait d’union, 2000. Brunante, Montréal, Éditions XYZ, 2000, prix Éloizes. Climats, Moncton, Éditions d’Acadie, 1996. Miniatures, Moncton,

amis qu’on avait dans le temps Eux-mêmes te diront ce que j’étais pour toi Gilbert Langevin, L’étoile du nord L’autre jour j’ai vu quelqu’un qui te ressemble Et la rue était comme une photo qui tremble Michel Jonasz, Je voulais te dire que je t’attends Now you’re telling me you’re not nostalgic Well give me another word for it You were so good with words And at keeping things vague Joan Baez, Diamonds and Rust Saint-Simon Il y avait un chemin de terre, et cet enfant qui dansait dans la

d’idée qui surgit dans la nuit et qui finit par avoir du sens au moment où les autres en constatent l’émouvante folie. Les murs, le plancher, le plafond, les meubles recouverts de vinyle noir, l’ouvre-boîte, les tasses, les cendriers, chaque objet recouvert de papier d’emballage : cela rendait toutes choses uniformément gris-brun et égales à elles-mêmes. Notre admiration pour l’audace de Bill et Carol, leur originalité et leur fierté à l’idée d’un tel exploit. La fois où Dennis a lancé à travers

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