Singuliers voyageurs

Singuliers voyageurs

Hélène Vachon

Language: French

Pages: 110

ISBN: 2764416482

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Quatre personnages enfermés dans un espace restreint, un train. Voilà les prémices de ce formidable huis clos qui se déroule sur une période de vingt-quatre heures. A-t-on vraiment le temps de connaître quelqu'un dans ce court laps de temps? Et si oui, que restera-t-il de cette rencontre une fois le voyage achevé?

Après avoir écrit La Tête ailleurs (avec lequel elle a été finaliste au prix des Libraires et au prix du Gouverneur général en 2002), Hélène Vachon nous présente un roman aux dialogues fins et percutants mettant en scène des personnages excentriques, ennemis de toute mesure. En somme, des hors-la-loi bien sous tous rapports. Voici donc un roman qu'il faut lire pour s'offrir un concentré de vie où la personnalité de chacun se dévoile au grand jour.

Quatre voyageurs prennent le premier train du matin pour Plaisance. Ils ne se connaissent pas, ils n'ont pas réservé, tout est pris. Il ne reste qu'un wagon libre, le wagon nuptial, que l'on met à leur disposition. C'est là qu'ils feront connaissance, dans cet espace clos, rose, où tout a été prévu pour deux et où chacun tentera de se faire une place.

Deux hommes, deux femmes, tous hors la loi à des degrés divers : Arnold, sexagénaire amoureux sans condition des femmes jeunes et des prostituées; Colin, 47 ans, machiavélique et roublard, « grand médecin » qui n'a pas le droit de pratiquer mais le fait tout de même; Élisabeth, avocate de 39 ans tiraillée entre témérité et intégrité; Olivia, 19 ans, qui oppose aux trois autres sa jeunesse, sa perspicacité et ses ruses.

Un voyage de vingt-quatre heures s'amorce, fait d'attirance et de rejet, de rapprochements et de trahisons, où l'histoire de chacun se dévoile petit à petit. Jusqu'au moment où un cinquième passager vient compliquer les règles du jeu et imposer sa présence au point de bouleverser la trajectoire de chacun.

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son porte-documents par terre, disposa les journaux en éventail sur l’une des banquettes, retira son paletot et l’allongea précautionneusement sur l’autre banquette comme il aurait fait pour un enfant malade. C’est ce qu’il appelait occuper les lieux, activité à laquelle il se livrait avec une ardeur presque fébrile chaque fois que la situation l’exigeait, c’est-à-dire presque tout le temps. Dans les avions, les trains, les hôtels, les gares, les salles d’attente, Arnold occupait un espace

de ventre. Presque pas. Le garçon roux vint prendre les commandes. Quand il se tourna vers Olivia, elle lui sourit béatement. Le garçon rougit jusqu’à la racine de ses cheveux. Il tourna les talons et s’en fut. — D’habitude j’aime pas beaucoup les roux. — Vous n’aimez pas le rouge, vous n’aimez pas le noir. Vous n’aimez que le blanc, si je comprends bien, plaisanta Colin. Olivia lui jeta un regard de pur reproche. — On rit pas avec ces choses-là, dit-elle. — Moi oui, dit Colin. Ses épaules

toujours rivés sur Colin. — Le vieux monsieur malade, alors? Celui de l’autre compartiment... c’est un salaud ou c’est pas un salaud? Colin fit la moue en ayant l’air de réfléchir. — Eh bien, je dirais que s’il est mort, c’était un salaud et s’il vit toujours... c’est qu’il ne l’est pas. — Et il vit? Colin se contenta de lever son verre. — Vous répondez pas? Il haussa les épaules. — Vous répondez jamais, vous. Elle leva un doigt. — C’est pas grave, y a qu’à aller voir. Elle fit mine de

banquette. Là! — Ah! Olivia se pencha vers Colin et commença à le masser. Elle s’exécuta en silence, les sourcils froncés, une mèche retombant sur son front. Les yeux fermés, Arnold dérivait vers des contrées lointaines où les mains d’Olivia, ces deux mains-là, s’affairaient sur lui, sur son corps à lui. Les gestes d’Olivia étaient précis, adroits, sûrs. Colin fut massé, lissé. Quand il se releva, sa peau luisait. Il avait rajeuni de dix ans. 22 Il y eut un autre arrêt, mais ce n’était pas

Ils ont peur soudain. Quelque chose s’édifie sous leurs yeux. Ils le voient construire, échafauder un avenir, le sien et celui de Walter, avec toute l’assurance et la supériorité que lui confère sa décision nouvelle. Ils ne sont pas du tout d’accord, évidemment, habitués qu’ils sont à plus de lenteur. Dans la tête d’Arnold et d’Élisabeth, un veto s’élève. — C’est hors de question, dit Élisabeth. Il n’écoute pas, donc il ne comprend pas. Ou plutôt il comprend tout autre chose. Que c’est hors de

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