Sudbury (poèmes 1979-1985)

Sudbury (poèmes 1979-1985)

Patrice Desbiens

Language: French

Pages: 86

ISBN: 0920814506

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Cet ouvrage de Patrice Desbiens comprend une réédition de « L'espace qui reste » (1979), « Sudbury » (1983) et « Dans l’après-midi cardiaque » (1985). Ces recueils épuisés retrouvent enfin leur vie éditoriale en un petit format poche. Le lecteur renouera avec cette voix unique qui, au fil d’une quinzaine de recueils, traduit l’errance urbaine des cœurs écorchés.

Ces poèmes initient ce que l’on pourrait appeler la « période sudburoise » de Desbiens où se lit toute son appartenance à la communauté franco-ontarienne, ce qui ne l’empêchera pas d’être rapidement reconnu comme un des poètes majeurs de l’Amérique française.

La passionnante préface signée Robert Dickson, raconte l’émergence d’une culture franco-ontarienne qui, dans ces années-là, de 1979 à 1985, fait germer une formidable créativité d’où pointeront, entre autres, les talents aujourd’hui acclamés des Jean Marc Dalpé et Brigitte Haentjens, tous unis alors au sein d’un joyeux groupe de créateurs de mots et de musique. « L’écriture de la décennie sudburoise, écrit Dickson, fera découvrir de plus en plus le poète du désir, pas toujours comblé, le poète de l’amour, souvent malheureux. »

Un jour la jument va parler...

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Country of Cold: Stories of Sex and Death

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Danse. Treize heures d’autobus entre Hearst et Sudbury. Je traverse le pays adoptif de mes ancêtres. Je traverse le pays de l’amour secret. Je traverse le pays du silence concret. Chaque ville chaque village chaque visage imprimés pour toujours dans les fenêtres teintées de cet Americruiser. Chaque arrêt marqué par des gangs de jeunes flânant sous un ciel bleu comme leurs jeans. Un ciel bleu comme leurs fantaisies. Un ciel bleu-gris comme le chemin qui se déroule sous cet autobus. Cet

lui c’est plus loin qu’ici et il est tellement fatigué, il a tellement marché, il a tellement travaillé ; et il nous le dit, il nous le raconte à haute voix dans Coulson comme dans son salon comme si nous étions sa famille comme si nous étions son pays. Dans Coulson un lundi soir. C’est presque vide. L’orchestre est pas pire. À ne pas manquer. Le vent de Sudbury ronronne dans ton frigidaire tandis qu’on se donne un bec au-dessus du sink. Il est tard et ton enfant dort comme un lac

de quelques pas et disparaît. Au-dessus de la maison les nuages sont gras & passent à 90 milles à l’heure. LATE SHOW Le siècle est presque fini. -10 degrés Celsius dehors. Les moutons du mois de mars dansent dans la cour d’en arrière à travers des restants de machines à laver, de neige sale, de noirceur palpable. Une lune de fromage Kraft plane au-dessus de la ville. Le siècle se berce et roule et roule et berce comme un rouleau compresseur patinant sur la glace printanière

Noirceur. On frappe à une porte. Silence. On frappe plus fort. Les lumières s’allument et on voit un appartement. Jean se lève, met ses shorts et va répondre. C’est deux grosses polices. � Oui? » dit Jean. � Connais-tu un Denis Frénette de telle adresse? » � Oui... » dit Jean. � Il est mort cette nuit. On voudrait te poser quelques questions... » dit la même police. Il y a toujours deux polices : une qui parle et une qui dit rien. � Christ! » dit Jean. � C’est juste routine, tu

mots. LE TEMPS DES FÊTES l’air est épais ici. j’écris des poèmes. je bois de la bière. je séduis des cendriers. pas loin d’où je suis assis deux hongrois saouls regardent lassie à la télévision couleur. dansant de côté comme un crabe dans ma tête j’essaie d’éviter la morsure brûlante du menu. cette place résonne dans mes yeux comme un salon durant le temps des fêtes. non merci. je mangerai plus tard. quand c’est froid c’est pas bon quelque part le long de ces pages j’ai

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